Filmspotting #automne2016

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Pour élargir le champ du partage d’expériences à MdM, quelques cinéphiles (voire plutôt cinévores) ont souhaité partager leurs débats, coups de cœur et coups de gueules cinématographiques. L’antenne est ouverte à tous, partout dans le monde !

 

Les films à voir

 

TONI ERDMANN

Un film de Maren Ade

CAPTAIN FANTASTIC

Un film de Matt Ross

DERNIER TRAIN POUR BUSAN

Un film de Sang-ho Yeon

toni erdmann  captain fantastic DERNIER TRAIN POUR BUSAN

Un père allemand suit à la trace sa fille à Bucarest, avec l’aide d’un dentier et d’un costume de yeti.

(choix de Laurent, Niklas et Marie)

Un père américain élève ses 6 enfants dans la nature, coupés de la civilisation capitaliste, en n’oubliant pas de fêter l’anniversaire de Noam Chomsky.

 (choix de Laurent)

Un père coréen s’intéresse enfin à sa fille, qu’il  doit protéger contre des zombies dans un train lancé à peine vitesse.

(choix de Laurent)

AQUARIUS

Un film de Kleber
Mendonça Filho

APNÉE

Un film de
Jean-Christophe Meurisse

Aquarius2016 apnée

Une brésilienne résiste aux promoteurs immobiliers à Récife en leur mettant à fond des disques de Queen.

(choix de Marie)

Ménage à trois entre deux gars et une fille.

(choix de Marie)

 

 

Le débat

 

Laurent Bacos, Niklas Luhmann et Marie Lussier lancent un débat autour du film Juste la fin du monde de Xavier Dolan avec Gaspard Ulliel, Nathalie Baye, Vincent Cassel, Léa Seydoux, Marion Cotillard

 

Juste la fin du monde

 

**

Soyons francs, à la sortie du ciné, on penchait plutôt du bon côté, vers un bon *** pour ce film. Avec le recul, et sans doute à force d’entendre pas mal (dont Niklas ci-dessous…) massacrer le film, on se dit que cet agacement à la vision, mêlé donc à une réelle émotion lors de certaines scènes, ferait pencher le ressenti vers l’autre versant… Mais restons objectifs, et situons nous entre le plaisir d’un superbe exercice de style, un film plutôt simple dans la filmo de ce surdoué. Ainsi que des moments mémorables, entre Louis et sa mère, entre Louis et son frère, poignant d’incommunicabilité et de maladresses. Il faut aussi reconnaître que l’énervement  l’emporte bien souvent :  trop d’effets de mise en scène,  les gros plans permanents qui donnent mal à la tête, la photo trop esthétique à force d’être belle, le sur-casting (tous bien certes, à part Cotillard, mais c’est surtout son personnage qui est insupportable. Et la – déjà totalement has been- Seydoux s’en sort plutôt bien) qui dessert quand même le film.


LAURENT BACOS

 

 

Xavier Dolan est un génie. Depuis longtemps je suis excité a la sortie d’un nouveau film de ce grand narcisse canadien, surdoué et hyperactif.  Cette fois ci,  j’avais un doute, je ne sais même pas pourquoi. Je pense que je trouvais le casting un peu trop blockbuster-style, trop facile vraiment. Mais bon,  j’étais impatient  quand même !  “Juste la fin du monde’, littéralement, c’est le pire film de Dolan, la fin du monde peut-être pas, mais la fin d’un micro épisode du cinéma contemporain, il y a un certes une maitrise totale mais in fine tout cela semble faux, mécanique et prévisible, un film a thème sans trou ni faille, sans surprise, sans complexité. Ce théâtre filmé ne m’a simplement pas touché  un seul instant. Ce n’est donc pas la fin du monde. J’aurais hâte de voir le prochain Dolan, « Laurent, anyways » !

 

NIKLAS LUHMANN

 

 

∗∗∗

La sortie d’un Dolan est en effet toujours palpitante, se laisser une fois de plus entraîner par ce génie que l’on suit depuis ses 16 ans et son magistral « J’ai tué ma mère ». Une fois de plus, c’est radical, ce n’est pas un film à 2 étoiles, c’est tout ou rien et étrangement le choix est difficile. C’est prétentieux, excessif, plein d’artifices, dégoulinant d’effets (dont les trop nombreux passages du net au flou, cette BO volontairement trop forte), la recherche de l’esthétique absolu tourne au vulgaire, ça manque de finesse, de subtilité. Dolan veut nous en mettre plein la vue, il sort l’artillerie lourde des émotions à n’en plus finir, ça hurle, ça pleure, ça bégaie, un film prêt à exploser, dans la veine de Mommy, avec des scènes quasi identiques. Un psychodrame hystérique qui, dirigé par quelqu’un d’autre serait relégué au rang de mélo facile et médiocre. Mais c’est Dolan, qui une fois de plus offre un cinéma à son image, sans compromis, sincère, avec cette incroyable énergie. Ses personnages sont extraordinairement insupportables. Juste la fin du monde, rempli de maladresses en ressort intense, avec cette fougue si singulière. C’est aussi ça le cinéma.

 

MARIE LUSSIER

 

 


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