Daniel Calzada
Responsable programmes internationaux Haïti et Mexique (MdM Suisse)

Voici les réponses aux 2 questions posées qui n’ont pas pu être traitées lors du Point info de ce jeudi 12 mars.
Question d’Antoine : est-ce qu’il est encore envisagé que la communauté internationale s’implique en Haiti ? Il y a eu dans le passé la MINUSTAH, avec un bilan mitigé. Quid des UN ?
Les UN à ce jour n’envisagent pas de s’investir en Haiti. Chose qui interroge, un budget a été débloqué pour appuyer un contingent de policiers Kenyan à venir dans le pays en 2024 pour tenter d’appuyer les policiers haïtiens. Investissement pas des plus efficaces au vu des besoins et au vu du questionnement que cela a posé sur les enjeux possibles cachés dans cet accord de « coopération ». Il est clair que dans un contexte tel que celui d’Haiti ce jour il sera complexe de vivre sereinement le processus d’élections présidentielles.
Question d’Astrid : avez-vous remarqué des conséquences dues au durcissement de la politique migratoire de la République Dominicaine (surtout liées aux déportations) ? MdM Argentine mène-t-elle des actions de plaidoyer ?
Effectivement des renvois forcés ont lieu de la part de la République Dominicaine qui non seulement veut fermer ses portes pour la situation géopolitique dans le pays voisin mais aussi pour des problèmes de tout temps entre les deux républiques s’accusant mutuellement de tentatives de déstabilisations. Les mercenaires Colombiens ayant assassiné le président ont transité par la République Dominicaine et les Haïtiens en font porter la responsabilité à la République Dominicaine. Le flux migratoire pas toujours légal pour des entrées en République Dominicaine de la part d’Haïtiens a maintenu les tensions ces dernières années. La dispute pour la rivière Massacre a été le point culminant d’un durcissement de la politique de la République Dominicaine. Il a été remarqué un changement mais ce sont les régions du Nord Est qui sont le plus touchées car les Haïtiens refoulés restent proche de la frontière avec l’espoir de pouvoir la croiser nouvellement. Ils ne se risquent pas de venir au cœur du pays qui est en chaos total. ECHO comme bailleurs a pensé financer des actions sur la frontière.
MdM Argentine travaille autant en République Dominicaine qu’en Haïti et leur positionnement en termes de plaidoyer reste quasi inexistant.