De Vintimille à Rouen : la mobilisation sociale et citoyenne

 Photo de Medine Zenawi

 

Vintimille, 10 octobre 2016

 

 

 Photo de Medine Zenawi 

 

 MdM à Vintimille

MDM, autour de sa  présidente, organise une conférence de presse pour dénoncer la fermeture de la frontière franco-italienne qui fait de cette ville , située  à  10 km de la France, une sorte de petit « Calais » où s’entassent plus de 1000 personnes bloquées depuis plusieurs mois. Une cinquantaine de nouvelles personnes arrivent tous les jours. Pour franchir cette frontière, les réfugiés prennent des risques insensés, mettant leurs vies en danger comme en témoigne  la mort récente de deux jeunes Érythréens sur l’autoroute. Sans oublier la souffrance physique et mentale liée à cet enfermement à « ciel  ouvert » sans  perspectives ni espoirs avec souvent comme seuls  « souvenirs »  les atrocités subies et vécues en Libye par ces jeunes dont  l’âge, dans l’immense majorité des cas, ne dépasse pas 25  ans.

 

Au milieu de cette situation indigne, dramatique et révoltante, des citoyens de la vallée de la Roya, regroupés en associations (Roya citoyenne et Habitat et Citoyenneté) accueillent, nourrissent, font se reposer et soignent des dizaines d’entre eux. Ces citoyens solidaires s’organisent et se mobilisent pour  apporter à ces jeunes personnes espoir et ouverture. 

 

Ainsi se constitue, partout en France, une sorte de réseau informel, militant qui, sans faire de bruit, agit et permet à ces jeunes réfugiés de circuler  à travers le pays pour espérer réussir leur projet de vie et d’installation.

 

MdM doit soutenir avec conviction ces réseaux citoyens qui se constituent partout en France. Nous devons leur apporter toute notre expertise en matière d’accès aux soins et aux droits et la force et l’image de notre logo. L’objet social de MdM est de résister et de se trouver auprès des populations les plus vulnérables mais aussi au plus près de ceux qui se battent et se mobilisent  silencieusement contre le rejet, la stigmatisation et, souvent, la haine véhiculée et attisée par une classe politique, dans sa grande majorité, totalement déconsidérée et méprisable.

 

 

Rouen, 15 octobre 2016

 

 

 

Universités d’Automne
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Présentation délégation Normandie et mineurs isolés

 

 L’arrivée en France jouée par les mineurs

MDM organise ses Universités d’Automne. Au menu, la vie associative : comment la renforcer, la renouveler, la transformer ? Quel modèle associatif ou social pour MdM dans le futur ? Comment mieux partager le pouvoir et le porter collectivement, élargir la gouvernance tout en restant pertinent et incisif, ouvert avec une forte exigence de qualité ?

La salle discute, échange avec passion. Les ateliers font émerger des recommandations et propositions de toutes sortes: plus grande ouverture du conseil d’administration et des collèges régionaux, adhésion des salariés, vote électronique, création d’une cellule urgence mobilisation, unification des critères d’adhésion, plus forte communication et présence dans les réseaux  sociaux…

La discussion s’anime autour de notre capacité à nous mobiliser et accompagner les initiatives locales et les actions de solidarité citoyenne qui se multiplient autour de la crise de l’accueil et de la solidarité des personnes réfugiées.

Jusqu’où aller ? Doit-on ouvrir et/ou initier des maisons ou squats de migrants ? Doit-on  accompagner et aider à faire circuler les migrants dans leur parcours à travers la France ?

Quelle place pour la désobéissance civile dans le MdM d’aujourd’hui devenu sans doute, au fil du temps, trop institutionnel et figé ?

Tout le monde semble s’accorder pour garder ou retrouver ce qui a fait notre originalité, notre utopie et notre indignité.

MdM se doit de rester souple, léger, réactif et ne pas craindre d’emprunter des chemins de traverse.

 

Cette crise autour de l’accueil des réfugiés a agi comme une sorte d’électrochoc au sein de l’association. Elle a rebattu les cartes et fait resurgir tout à la fois nos contradictions, nos passions et aussi notre désir profond de rester nous-mêmes, de ne pas perdre notre âme et de continuer à nous engager et militer.

De la crise syrienne au bateau en Méditerranée, en passant par Calais, Paris, Vintimille, Chios, Lesbos et beaucoup d’autres endroits, on sent bien que l’humanitaire autrement et le changement social ne pourront se réaliser que si nous arrivons à être un acteur sinon majeur, du moins très actif de cette mobilisation sociale et citoyenne.

 

 

 Philippe De Botton, membre du conseil d’administration de MdM

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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